Bari est la ville où j’ai compris qu’un guide de voyage peut tout rater tout en ayant raison sur chacune de ses étapes. Il rate tout s’il les met dans le mauvais ordre, et ici l’ordre dépend d’une seule donnée : le lundi ferment ensemble le château souabe et la pinacothèque, les deux étapes de musée de la seconde journée, tandis que les églises restent ouvertes tous les jours de l’année.
Tout ce qui suit en découle. La première journée reste dans Bari Vecchia et n’a besoin d’aucun calendrier : la basilique Saint-Nicolas, la cathédrale San Sabino avec la ville byzantine enfouie dessous, les quatre rouleaux enluminés du XIe siècle du musée diocésain, la ruelle où les pastaie font les orecchiette dans la rue. La deuxième journée sort du bourg ancien et prend le château, la pinacothèque et le quartier du XIXe siècle.
Les deux journées peuvent s’échanger, et je dis plus loin quand cela vaut la peine. Tous les prix et les horaires sont à la fin, en un seul endroit, avec la date à laquelle je les ai vérifiés.
Deux jours à Bari, et le lundi qui décide de l’ordre
Bari n’est pas une ville qui se visite à partir d’une liste, parce que presque tout ce qui compte tient sur un mouchoir de poche : le bourg ancien est une presqu’île entre le vieux port et le nouveau, et on le traverse d’un bout à l’autre en un quart d’heure. Les distances ne sont pas le problème. Les portes fermées, si.
Voici le tableau, et il vaut mieux le regarder avant de réserver.
| Étape | Fermeture hebdomadaire | Billet |
|---|---|---|
| Basilique Saint-Nicolas | aucune | gratuit |
| Cathédrale San Sabino | aucune | 7 euros pour les visiteurs |
| Musée des Exultet | aucune | 4 euros |
| Château souabe et gypsothèque | lundi | 6 euros |
| Pinacothèque Corrado Giaquinto | lundi | 5 euros |
| Bari Vecchia, piazza Mercantile, front de mer | aucune | gratuit |
L’avantage par rapport à d’autres villes d’art italiennes, c’est qu’ici le jour mort est un seul et que les deux fermetures y tombent ensemble. À Turin les fermetures s’étalent sur trois jours différents et l’itinéraire doit être recousu chaque fois ; à Bari il suffit de savoir que le lundi est pour les églises et le mardi pour les musées, et le voyage fonctionne.

Jour 1 · La basilique Saint-Nicolas, d’où tout est parti
Pourquoi un guide de Bari commence-t-il dans une basilique et non au bord de la mer ? On commence ici parce que tout le reste de Bari, y compris le fait que Bari soit une ville d’art, découle de ce qui s’est passé le 9 mai 1087, quand soixante-deux marins bariais ont débarqué au port avec les os de saint Nicolas pris à Myre, en Lycie, aujourd’hui la Turquie. Ce ne fut pas un pèlerinage : ce fut un coup de main, et les Bariais n’ont jamais beaucoup cherché à le raconter autrement.
Le chantier a démarré en juillet de la même année, sur l’emplacement de l’ancienne résidence du catapan byzantin, et il est allé si vite que le 1er octobre 1089 le pape Urbain II a pu déposer lui-même les reliques dans la crypte. L’église au-dessus a mis un siècle : la dalle de consécration porte 1197.
Ce que l’on voit aujourd’hui est le prototype du roman des Pouilles, et cela se comprend mieux si l’on a déjà vu Trani ou Ruvo, car toutes deux en descendent. La façade est divisée en trois par des lésènes, avec deux tours tronquées sur les côtés, et elle n’a pas de rosace : la lumière entre par les fenêtres hautes, chichement, et l’intérieur reste sombre même à midi en août.
À l’intérieur, trois choses sont à chercher. Le ciborium sur le maître-autel, le plus ancien des Pouilles, avec quatre colonnes antiques de marbre portant un baldaquin pyramidal à huit pans. La chaire de l’abbé Élie, un trône épiscopal de la fin du XIe siècle porté par trois figures accroupies qui semblent écrasées par le poids, et qui est la sculpture la plus discutée du Midi normand. Et le plafond à caissons, qui est du XVIIe siècle et détonne exprès : les toiles peintes par Carlo Rosa racontent la vie du saint au-dessus d’une architecture de cinq cents ans plus ancienne.
La crypte est la raison pour laquelle les gens viennent. Vingt-six colonnes de remploi, toutes différentes, et sous l’autel le tombeau. Une chose m’a frappée plus que les autres, et elle est récente : dans l’absidiole latérale a été aménagée en 1966 une chapelle orthodoxe, avec un second autel à côté du catholique. C’est un cas rare, et non un geste symbolique : les pèlerins russes, serbes, grecs et roumains viennent vraiment, et si vous tombez un jour de liturgie orientale vous entendrez chanter en slavon dans une basilique romane des Pouilles.
J’en ai écrit au long dans la basilique Saint-Nicolas de Bari.

Jour 1 · La cathédrale San Sabino et la ville qui dort dessous
Cinq minutes à pied, et l’on passe de l’église du saint à celle de l’évêque. Ce n’est pas une distinction de manuel : à Bari les deux institutions se sont fait concurrence pendant des siècles, et la cathédrale a longtemps été la perdante du duo.
Son histoire commence par une catastrophe. En 1156 Guillaume le Mauvais ordonna la destruction de la ville entière, et la cathédrale tomba avec le reste. Ce que l’on voit est la reconstruction lancée aussitôt après, consacrée le 4 octobre 1292, et elle se lit comme une adaptation du modèle de Saint-Nicolas : même plan à trois nefs, même traitement des tribunes, mais avec une rosace en façade que Saint-Nicolas n’a pas.
La rosace est la première chose à regarder, et il faut la regarder de près. Le cadre ébrasé est couvert de figures grotesques, monstres et têtes qui saillent, en bonne partie de restauration mais sur un schéma médiéval. Elle disait à qui entrait que le désordre reste dehors.
Puis il y a l’affaire de la lumière, et elle mérite d’être racontée en entier parce qu’on la raconte d’ordinaire mal. Le 21 juin, vers 17 h 10, le soleil passe par la rosace de la façade et projette au sol un cercle qui se superpose à la mosaïque du XIIIe siècle posée au pied de l’autel, voulue par l’archevêque Landolfo. Les deux roses coïncident. On lit partout que les bâtisseurs médiévaux l’avaient prévu : ce qui est documenté, c’est que le phénomène a été remarqué en juin 2005 par le sacristain Michele Cassano, et qu’il tient à l’orientation de l’édifice, orientation commune à beaucoup d’églises romanes européennes de la même époque. Que ce soit un effet et non un projet ne le rend pas moins beau à voir, et le rend plus honnête à raconter.
Sur le flanc nord se dresse un corps cylindrique que les Bariais appellent la Trulla. C’était probablement le baptistère épiscopal, puis plus personne n’a bien su à quoi il servait, et au XVIIIe siècle il est devenu la sacristie.
Ce qui surprend, pourtant, est dessous. Le succorpo est une zone archéologique creusée sous le pavement, qui contient les restes de la cathédrale byzantine antérieure, un tronçon de voie romaine, des chambres funéraires, les fragments de deux petites églises byzantines avec des morceaux de fresque et un pavement de mosaïque polychrome. On marche sur des passerelles au-dessus d’une ville ensevelie, et dix minutes là-dessous en disent plus sur Bari qu’une heure de façades.
Une note qui évite une surprise à l’entrée : depuis 2024 la visite touristique de la cathédrale est payante, 7 euros crypte et succorpo compris. Qui entre pour prier ou pour un office ne paie pas ; les résidents de l’archidiocèse entrent gratuitement dans l’église, mais paient le tarif spécial pour la zone archéologique. Il y a plus dans la cathédrale San Sabino.

Jour 1 · Les Exultet, les rouleaux qui se lisaient à l’envers
À côté de la cathédrale, dans le palais archiépiscopal, se trouve le morceau de Bari qu’aucun guide de voyage ne met en couverture et qui, à mon avis, vaut le voyage à lui seul.
Le musée diocésain conserve quatre rouleaux enluminés : trois Exultet et un Bénédictionnel du milieu du XIe siècle. Ce sont de très longs parchemins cousus en plusieurs feuilles. L’Exultet 1, datable de 1025-1030, mesure 525 centimètres sur huit feuilles et compte parmi les plus anciens conservés ; le deuxième atteint quatre mètres ; le troisième est du XIIIe siècle et n’a aucune enluminure. Le premier fut écrit dans le scriptorium du monastère San Benedetto, dans une écriture que les paléographes appellent bénéventaine de type bariais, une variante locale reconnaissable au premier coup d’œil.
Ils servaient une fois l’an, à la veillée pascale, pour la bénédiction du cierge. Comment fabrique-t-on un livre illustré pour un public qui ne sait pas lire ? Le diacre déroulait le parchemin depuis l’ambon en le laissant descendre devant lui ; le texte et la notation musicale étaient écrits dans le bon sens pour lui, mais les images étaient peintes à l’envers, afin de se redresser pour les gens qui se tenaient en dessous. Ce sont des livres illustrés conçus pour être regardés par ceux qui ne savent pas les lire, et c’est ce que le Moyen Âge a inventé de plus proche d’un projecteur.
En regarder un, c’est voir une enluminure byzantine de onze siècles à vingt centimètres, sans vitre de sécurité entre vous et la vitrine, sans foule, et presque toujours seul. Cela coûte quatre euros, et j’en ai écrit au long dans les Exultet de Bari.

Jour 1 · Bari Vecchia : l’Arco Basso et les orecchiette
En sortant du musée on est déjà dans le labyrinthe, et il vaut la peine de s’y perdre sans carte pendant au moins une demi-heure. Bari Vecchia n’est pas un centre historique muséifié : des gens y habitent, le linge sèche dehors, et à huit heures du soir ça sent le dîner.
La rue que tout le monde cherche s’appelle via dell’Arco Basso, et elle fait à peine plus de deux mètres de large. C’est la ruelle des orecchiette : les pastaie sortent leurs petites tables devant leur porte et travaillent la semoule dans la rue, au couteau et au pouce, une par une.
Il y a une chose que les guides sautent d’ordinaire, parce qu’elle abîme la carte postale. En 2024 une enquête télévisée a montré que sur certains étals la pâte artisanale voisinait avec des orecchiette industrielles emballées, et il s’est ensuivi contrôles, saisies et amendes. L’affaire s’est close en juin 2025 par un cahier des charges de la mairie : formation à la sécurité alimentaire, tables et éviers en acier, charlottes, interdiction de revendre de la pâte industrielle. Les regarder travailler reste magnifique, et acheter est désormais aussi un choix informé.
Le reste du bourg se visite au flair. Les deux rues principales sont la strada dei Dottula et la strada Palazzo di Città, mais le meilleur est dans les traverses, dans les arcs qui enjambent les ruelles et dans les églises qui surgissent l’une après l’autre, bien plus nombreuses qu’une surface aussi petite ne le laisse imaginer. Du côté de la mer court la Muraglia, le chemin de ronde sur les murs du XVIe siècle, et c’est la plus belle promenade de la ville au coucher du soleil : d’un côté les maisons serrées, de l’autre l’Adriatique.

Jour 1 · Piazza Mercantile, la colonne de la Justice et le soir
Le soir de Bari Vecchia commence sur la piazza Mercantile, qui était la place du commerce et l’est restée pour l’essentiel : ce sont des tables au lieu d’étals. Le côté ouest est fermé par le Palazzo del Sedile, où siégeait le conseil de la ville, et à l’angle se dresse la Fontana della Pigna, que les Bariais appellent celle des quatre faces.
Au centre il y a une colonne basse posée sur un lion de pierre qui a l’air de s’ennuyer. C’est la colonne de la Justice, et le nom populaire est plus exact : colonna infame, la colonne d’infamie. Le lion porte sur la poitrine l’inscription Custos Iusticiae, et la peine que l’on y exécutait n’était pas physique mais réputationnelle : le débiteur insolvable était dénudé de la ceinture aux pieds, mis à califourchon sur le lion, le dos tourné au public et les mains liées au fût. Dans une ville qui vivait de crédit personnel, être vu là signifiait la mort commerciale. Les spécialistes ne s’accordent pas sur la date : certains font remonter la colonne au milieu du XVIe siècle et au vice-roi espagnol Pierre de Tolède, tandis que l’historien Luigi Todisco tient que le lion est romain et qu’il a été apporté ici par les Normands entre la fin du XIe et le début du XIIe siècle. Si vous cherchez un monument qui dise comment une ville marchande était vraiment organisée, c’est celui-là, pas la cathédrale.
À cent mètres s’ouvre la piazza del Ferrarese, qui doit son nom à un marchand de Ferrare qui y habitait au XVIIe siècle, et sous le niveau du pavé on voit un tronçon dégagé de la via Traiana, la route romaine qui allait de Bénévent à Brindisi en passant par ici. De là on descend au front de mer en trente secondes.

Jour 2 · Le château souabe
La deuxième journée commence sur le bord occidental du bourg ancien, là où la ville se défendait. Le château souabe est un bloc trapézoïdal à trois tours d’angle à bossages, au milieu d’un fossé sec devenu un pré.
Trois dates le tiennent. Roger II le fonda en 1131 sur des structures byzantines préexistantes ; Guillaume le Mauvais le détruisit avec la ville en 1156 ; Frédéric II le reconstruisit entre 1233 et 1240, et c’est sa phase que l’on reconnaît dans le portail et la cour. Au XVIe siècle Isabelle d’Aragon et sa fille Bona Sforza le transformèrent deux fois d’un même mouvement : dehors elles ajoutèrent l’enceinte bastionnée pour l’artillerie lourde, dedans elles en firent une demeure de la Renaissance, avec l’escalier à double rampe qui monte encore à l’étage noble.
Puis la parabole habituelle : abandon bourbonien, prison, caserne. Ce n’est qu’en 1937 qu’il devient le siège de la Surintendance, et le premier étage n’a été rendu au public qu’en 2017, quand les bureaux ont déménagé dans le complexe voisin de Santa Chiara.
Au rez-de-chaussée on visite aussi deux petites zones de fouille avec les structures byzantines sous le pavement, et c’est le deuxième endroit en deux jours où l’on regarde le Bari d’avant par un trou dans le présent.

Jour 2 · La gypsothèque, la vraie raison d’entrer dans le château
Peut-on voir la sculpture romane de la moitié des Pouilles sans faire le tour des cathédrales ? Dans les salles de l’aile ouest, au rez-de-chaussée, se trouve la collection qui justifie le billet à elle seule, et que presque personne ne s’attend à trouver.
En 1911, pour l’Exposition ethnographique régionale montée à Rome pour le cinquantenaire de l’unité italienne, deux sculpteurs, Pasquale Duretti et Mario Sabatelli, ont parcouru les Pouilles et pris les moulages en plâtre de l’appareil sculpté de leurs cathédrales : portails, tympans, chapiteaux, porches, reliefs. Ces moulages ont survécu et se dressent aujourd’hui dans les salles du château, au nombre de 130.
Le résultat, c’est qu’en une matinée on voit, grandeur nature et à un mètre, la sculpture romane de la moitié d’une région : les portails de Trani, Ruvo, Bitonto, Altamura, Troia, ceux qui dans la réalité se trouvent à huit mètres de haut et à contre-jour. Pour qui arrive à Bari en voulant comprendre le roman des Pouilles sans avoir une semaine pour faire le tour des cathédrales, cette salle est le meilleur raccourci qui existe, et elle a une valeur documentaire propre : les plâtres de 1911 enregistrent l’état de la pierre avant un siècle de pollution et de restaurations. Il y a plus dans le château souabe et sa gypsothèque.

Jour 2 · La pinacothèque Corrado Giaquinto
On sort du bourg ancien et on longe le front de mer jusqu’au Palazzo della Provincia, un édifice de 1935 dessiné par Luigi Baffa. La pinacothèque est au dernier étage, et la première chose que l’on remarque, c’est que par les fenêtres on voit l’Adriatique.
C’est le plus grand musée d’art des Pouilles et l’un des plus importants du Midi, institué en 1928. Le parcours est chronologique et va du haut Moyen Âge au XXe siècle : sculptures et fresques médiévales, icônes des Pouilles des XIIe-XIVe siècles, peinture vénitienne des XVe et XVIe siècles venue des églises de la région, XVIIe napolitain d’obédience caravagesque, puis le XIXe, le XXe et une collection de santons napolitains.
La pièce pour laquelle on monte est le Saint Pierre martyr de Giovanni Bellini, venu de Monopoli : le saint dominicain debout, en habit blanc et noir, la serpe encore plantée dans le crâne et le visage de quelqu’un qui ne s’en est pas aperçu. À côté il y a le grand retable de Paris Bordone et les Vivarini au complet, Antonio, Bartolomeo et Alvise, plus Tintoret, Palma le Jeune et Véronèse. Sept œuvres sont du peintre qui donne son nom au musée, Corrado Giaquinto, né à Molfetta en 1703 et mort à Naples en 1766, peintre de cour à Madrid et bien moins connu en Italie qu’il ne le mérite. Le compte rendu complet est dans la pinacothèque de Bari.

Jour 2 · Le quartier Murat et le Teatro Margherita
La dernière demi-journée se passe dans le Bari qui n’est pas ancien, et qui est la raison pour laquelle la ville fonctionne. Le quartier Murat est la grille du XIXe siècle voulue par Joachim Murat en 1813 : rues droites, îlots réguliers, et via Sparano comme axe des boutiques et de la promenade du soir. Qui arrive de la gare y passe forcément, et il y a quinze minutes à pied jusqu’à la mer.
Sur le front de mer se dressent les deux théâtres, et l’histoire qui les lie est la meilleure que Bari puisse raconter sur elle-même. Le Teatro Petruzzelli fut construit par les frères Petruzzelli, armateurs, et la famille obtint de la mairie un pacte : l’administration s’engageait à ne pas laisser naître d’autres théâtres sur le sol communal. Un monopole, noir sur blanc, avec une seule exception : les constructions sur la mer.
Quelqu’un a lu la clause avec attention. Entre 1912 et 1914, sur un projet de Francesco De Giglio avec l’ingénieur Luigi Santarella, le Teatro Margherita fut bâti sur pilotis, dans l’eau, premier édifice de Bari en béton armé et solution rarissime en Europe. Il fut inauguré sous le nom de Kursaal Margherita. C’est aujourd’hui un espace d’exposition auquel on accède par une passerelle.
Le Petruzzelli, lui, a fini plus mal et mieux à la fois : il brûla dans la nuit du 27 octobre 1991 dans un incendie criminel, et rouvrit reconstruit en 2009. Il se visite, mais avec parcimonie d’attentes : la visite guidée dure une demi-heure, couvre le foyer et le parterre, et le calendrier change de mois en mois, concentré sur les fins de semaine. Cela vaut si vous tombez le bon jour, pas de bâtir un programme dessus.

Si vous arrivez un lundi, et deux autres façons de retourner l’itinéraire
Si vous arrivez un lundi, échangez les deux journées sans y penser : faites le bourg ancien le premier jour, puisque tout y est ouvert, et gardez le château et la pinacothèque pour le mardi. C’est le seul cas où l’ordre de ce guide doit être renversé, et c’est aussi le plus fréquent, parce qu’un bon nombre de vols à bas coût sur Bari atterrissent le lundi.
Si vous arrivez un dimanche, l’attention va à la pinacothèque, qui ferme à 13 h le dimanche au lieu de 19 h, et au château souabe, qui d’octobre à mars ferme à 13 h 30 les dimanches autres que le premier du mois. Le dimanche matin est donc le matin des musées, pas des églises, qui tiennent jusqu’au soir.
Si vous n’avez qu’une journée, coupez la pinacothèque et non le musée diocésain. C’est le contraire de ce que suggère l’instinct, parce qu’une pinacothèque avec un Bellini paraît plus importante que quatre parchemins. Mais le Bellini, on peut en voir l’équivalent dans vingt autres villes italiennes, et les Exultet de Bari non.

Avec un troisième jour : le roman des Pouilles hors de Bari
Si la gypsothèque vous a donné envie des originaux, le troisième jour s’organise tout seul, parce que toutes les cathédrales sont sur la même ligne ferroviaire côtière.
La cathédrale de Trani est à quarante minutes de train et c’est celle que tout le monde photographie, pour la raison évidente qu’elle est plantée sur la mer avec son clocher à cheval sur une arche ; sa porte de bronze est de Barisano da Trani, et vous venez d’en voir le moulage à la gypsothèque. La cathédrale de Ruvo di Puglia est moins connue et possède un hypogée que nulle autre n’a. Plus au sud, Castel del Monte est la construction la plus énigmatique laissée par Frédéric II, c’est-à-dire par l’homme qui a reconstruit le château de Bari.
Et si vous voulez changer complètement de registre, les trulli d’Alberobello sont à une heure et demie en voiture ou par les Ferrovie del Sud Est, et n’ont rien à voir avec le roman : c’est justement pour cela qu’ils fonctionnent comme troisième jour.

Informations pratiques
Données vérifiées le 2 septembre 2026 sur le site officiel de chaque lieu. Les prix et les horaires changent : avant de partir, revérifiez au moins le château souabe, qui applique un tarif majoré quand il accueille une exposition.
Billets. La basilique Saint-Nicolas est gratuite, comme toute église. La cathédrale San Sabino coûte 7 euros pour le parcours de visite, et le prix comprend la crypte et la zone archéologique du succorpo ; le musée des Exultet coûte 4 euros, et le billet couplé cathédrale plus musée 9 euros, avec une formule famille à 20. Le château souabe coûte 6 euros plein tarif et 2 en tarif réduit, qui deviennent 9 et 3,50 pendant les expositions. La pinacothèque Corrado Giaquinto coûte 5 euros plein tarif et 2 en réduit pour les catégories indiquées par le musée, dont les étudiants universitaires et AFAM ; les moins de 18 ans et les plus de 65 ans entrent gratuitement. Les visites guidées du Teatro Petruzzelli coûtent 7 euros et 2 en réduit.
Horaires. La basilique Saint-Nicolas ouvre du lundi au samedi de 6 h 30 à 20 h 30 et le dimanche de 6 h 30 à 22 h. Cathédrale et musée des Exultet : tous les jours de 9 h à 21 h d’avril à septembre et de 9 h à 19 h d’octobre à mars, dernière entrée un quart d’heure avant. Château souabe : fermé le lundi ; d’avril à septembre du mardi au dimanche de 9 h à 19 h ; d’octobre à mars du mardi au samedi et le premier dimanche du mois de 9 h à 19 h, les autres dimanches de 9 h à 13 h 30. Pinacothèque : fermée le lundi et les jours fériés en semaine, du mardi au samedi de 9 h à 19 h avec dernière entrée à 18 h 30 et le dimanche de 9 h à 13 h avec dernière entrée à 12 h 30.
Gratuités. Le château souabe et la pinacothèque sont gratuits le premier dimanche du mois. À la cathédrale, qui assiste à un office ne paie pas ; les résidents de l’archidiocèse entrent gratuitement dans l’église, tandis que le tarif spécial s’applique à la zone archéologique. À la pinacothèque, les plus de 65 ans entrent eux aussi gratuitement.
Comment venir et circuler. De l’aéroport Karol Wojtyła, le train Ferrotramviaria rejoint Bari Centrale en un quart d’heure, avec des départs toutes les vingt ou trente minutes et un billet intégré autour de 5,30 euros. De la gare à la piazza del Ferrarese, quinze minutes à pied en ligne droite le long de la via Sparano. Dans le bourg ancien aucun transport n’est nécessaire, ni pour le château ni pour la pinacothèque : toutes les étapes de ce guide tiennent dans un rayon d’un kilomètre.
Combien de temps chaque étape demande. La basilique Saint-Nicolas avec la crypte prend une heure. La cathédrale avec le succorpo demande quarante minutes, le musée des Exultet trente de plus. Le château souabe avec la gypsothèque veut une heure et demie. La pinacothèque en demande deux, une heure et quart si vous visez seulement les Vénitiens et Giaquinto. Pour Bari Vecchia comptez deux heures de marche sans but, qui sont la meilleure part.
Sur l’affiliation, par honnêteté. Vous ne trouvez dans ce guide aucun lien vers des billets réservables. Les deux lieux payants n’ont pas de file d’attente et vendent au guichet, la cathédrale et le musée diocésain ont une billetterie unique sur place, et les églises sont gratuites. Vous envoyer chez un revendeur ne vous ferait gagner ni temps ni argent.
Bon voyage, et n’arrivez pas un lundi après-midi en pensant commencer par le château.
Crédits photographiques : basilique Saint-Nicolas de Holger Uwe Schmitt ; façade et rosace de la cathédrale, Teatro Margherita et piazza Mercantile de Benjamin Smith ; crypte de Saint-Nicolas et colonne de la Justice d’Enric ; gypsothèque d’Acquario51 ; Exultet du musée diocésain de Benjamin Smith ; via dell’Arco Basso d’Andreasciacqua00 ; cathédrale de Trani de Francesco Falconetti (CC BY-SA 4.0) ; front de mer de Bari de Bernard Gagnon (CC0) ; Saint Pierre martyr de Giovanni Bellini photographié par Sailko (CC BY 3.0). Toutes de Wikimedia Commons.
