Visiter Trieste a été pour moi une découverte totale.

Tout le monde m’avait dit que ce serait une belle expérience et que la ville est un petit bijou, mais mes attentes étaient basses. Non seulement elle m’a surprise, elle m’a laissé une émotion étrange. Ce doit être l’effet de la mer en hiver, des châteaux et de cette architecture qui n’a rien d’italien.

Car voilà ce qu’il faut savoir avant de partir : Trieste a été pendant cinq siècles le port des Habsbourg, et elle n’est devenue italienne qu’en 1920. Le résultat est une ville qui a la lumière de la Méditerranée et les palais de Vienne, où l’on boit le café comme à Prague et où le dialecte emprunte au slovène et à l’allemand.

Dans cet article je te raconte que voir à Trieste en 2 jours, des vestiges romains aux mosaïques byzantines, des cafés de Joyce au château sur la mer.

C’est parti !

La piazza Unità d'Italia à Trieste, avec ses palais du XIXe siècle et son côté ouvert sur la mer

1 – La piazza Unità d’Italia, la place qui s’ouvre sur la mer

Un article sur que voir à Trieste doit commencer ici, et pas par habitude : la piazza Unità d’Italia est la plus grande place d’Europe donnant sur la mer, et c’est là son unicité. Trois côtés de palais solennels et un quatrième côté qui n’existe tout simplement pas : à sa place, l’Adriatique.

Elle s’appelait autrefois piazza Grande, et elle se trouve au pied de la colline San Giusto. C’est aujourd’hui le centre administratif de la ville : ses palais abritent la mairie, la préfecture et la région Frioul-Vénétie Julienne. Ils ont été construits entre le milieu du XVIIIe et le début du XXe siècle, et la sensation qu’ils donnent est celle d’un salon impérial laissé ouvert sur l’eau.

Au centre se trouve la fontaine des Quatre Continents, réalisée entre 1751 et 1754 : elle représente l’Europe, l’Asie, l’Afrique et l’Amérique (l’Océanie n’était pas encore comptée), surmontées d’une figure personnifiant Trieste. Regarde autour de la base : filets, ballots, sacs et coton, c’est-à-dire les marchandises sur lesquelles la ville a bâti sa fortune. La fontaine a eu une vie agitée, entre démontages, menaces de démolition et actes de vandalisme ; entre 2001 et 2005 la place a été réaménagée et la fontaine remise au centre, face à la mairie.

Un conseil : reviens ici le soir. Avec les lumières sur les palais et l’obscurité sur la mer, c’est l’un des plus beaux endroits d’Italie.

2 – Le Molo Audace et la rose des vents fondue « dans le bronze ennemi »

Depuis la place tu débouches directement sur le Molo Audace, la promenade que les Triestins aiment plus que tout : deux cent quarante-six mètres dans la mer, et au bout rien que l’horizon.

La jetée date de 1743-1751 et a été construite sur l’épave du navire San Carlo, coulé dans le port : d’où son ancien nom, Molo San Carlo. Elle a pris son nom actuel en 1922, en souvenir du contre-torpilleur Audace, premier navire de la marine italienne à accoster à Trieste le 3 novembre 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale.

Au bout de la jetée se dresse une grande rose des vents en bronze de 1925. Elle a l’air d’un objet décoratif quelconque, et c’est en réalité un manifeste : elle a été fondue avec le bronze des canons austro-hongrois, et sur son flanc on lit « fusa in bronzo nemico », fondue dans le bronze ennemi. Dans la première version de cet article j’avais écrit qu’elle provenait d’un navire autrichien coulé : la source était inexacte, ce sont des canons.

En marchant le long des Rive tu croiseras aussi les groupes en bronze installés sur le front de mer, comme les petites couturières assises sur le muret face à la mer. Ce sont des œuvres récentes, mais elles disent bien le rapport de cette ville à son eau.

Le groupe en bronze des couturières sur les Rive de Trieste, avec la jetée en arrière-plan

3 – La colline San Giusto : cathédrale, château et forum romain

Monte sur la colline San Giusto et tu trouves, en cent mètres, trois mille ans de ville : le forum romain, la cathédrale médiévale et le château vénitien-autrichien.

La cathédrale San Giusto est vraiment unique, car elle est née de la fusion de deux églises préexistantes, l’une dédiée à l’Assomption et l’autre au martyr Just, patron de la ville. L’unification sous un seul toit a eu lieu entre 1302 et 1320 à la volonté de l’évêque Rodolfo Pedrazzani da Robecco : au cours de l’opération une nef a été abattue, et c’est pourquoi l’édifice que tu vois aujourd’hui compte cinq nefs un peu de travers, chacune conservant une part de son décor d’origine.

La façade te surprendra par son hétérogénéité : une grande rosace gothique en pierre du Karst, des sculptures médiévales et des remplois romains pris au forum voisin. Le clocher englobe même le propylée d’un temple romain.

Regarde ensuite la maçonnerie du clocher et cherche les boulets de canon restés encastrés : ils datent du bombardement austro-britannique de 1813 contre les troupes napoléoniennes retranchées dans le château. Et il y a une suite, car la plus grande cloche, le Campanon, a été fondue en 1829 avec le bronze des canons napoléoniens. La même guerre, d’abord dans le mur puis dans le son des cloches.

Mais le trésor est à l’intérieur, dans les absides latérales : les mosaïques byzantines. D’un côté la Vierge Theotokos entre les archanges, œuvre d’artisans vénitiens et constantinopolitains du XIIe siècle ; de l’autre le Christ Pantocrator entre les saints Just et Servule, par des artisans byzantins du XIIIe siècle. La mosaïque de l’abside centrale, elle, est moderne, ne t’y trompe pas. Et au sol survivent des mosaïques romaines du Ve siècle.

À côté de la cathédrale se trouvent les vestiges de la basilique du forum et du forum lui-même, avec les colonnes redressées, et le château San Giusto, bâti par les Vénitiens puis agrandi par les Autrichiens entre le XVe et le XVIIe siècle : on marche sur les remparts, et la vue sur le golfe est celle que tu es venue chercher.

Le château San Giusto vu depuis les colonnes du forum romain de Trieste

La façade de la cathédrale San Giusto à Trieste avec sa rosace et ses sculptures médiévales

4 – Le château de Miramare

Si tu demandes à n’importe qui que voir à Trieste, on te répondra « Miramare ». Et on a raison.

Le château de Miramare se dresse à pic sur la mer, blanc comme l’écume des vagues, au milieu d’un parc de vingt-deux hectares planté d’espèces venues du monde entier. Il a été voulu par Ferdinand Maximilien de Habsbourg, frère cadet de l’empereur François-Joseph (le mari de Sissi), et son épouse Charlotte de Belgique l’a meublé avec un goût qui se voit encore : les meubles et les décors d’origine sont toujours là.

L’histoire de Maximilien est racontée par les pièces elles-mêmes, et elle finit mal. Les intérieurs parlent de sa passion pour la botanique et la navigation, de la visite de son frère, puis de son départ pour se faire couronner empereur du Mexique : de ce voyage il n’est jamais revenu, il a été fusillé à Querétaro en 1867.

Ce qui m’a le plus frappée, c’est son cabinet de travail, aménagé comme l’intérieur d’un navire : un homme qui s’est construit une passerelle de commandement dans une maison de pierre face à la mer. Et la pièce aux portraits des hommes les plus puissants de l’époque, véritable instantané d’un moment de l’histoire.

Au deuxième étage on visite l’appartement d’un autre personnage : le duc Amédée de Savoie-Aoste, dit le « duc de fer », qui y séjourna de 1930 à 1937 et fit moderniser tout l’étage dans le style des années trente. Le saut entre les deux niveaux est l’une des façons les plus efficaces que je connaisse de comprendre comment le goût change en soixante-dix ans.

Informations pratiques, car c’est ici que les choses changent. Miramare est la seule attraction de Trieste avec un vrai billet et des entrées horodatées à jauge limitée : le week-end et en haute saison il y a la file à la caisse, et elle est évitable. Si tu veux être tranquille, tu trouveras ici le billet coupe-file pour le château. Le parc, lui, se visite à part et coûte très peu : si tu manques de temps et dois choisir, le parc au coucher du soleil vaut le château.

Dans les écuries du château, un espace accueille des expositions temporaires : j’y suis tombée par hasard sur une exposition art nouveau et j’en suis sortie enthousiaste. Vérifie le programme avant d’y aller, car il change.

Le château de Miramare à Trieste, blanc et à pic sur la mer

Un aperçu des écuries et du parc du château de Miramare

5 – Le Canal Grande et les cafés de Joyce

Reviens vers le centre et cherche le Canal Grande, à la fois la chose la plus vénitienne et la moins italienne de Trieste : un canal creusé au milieu du XVIIIe siècle entre le port et la place, pour que les barques puissent décharger leurs cargaisons à l’intérieur de la ville. Aujourd’hui il y a les bateaux amarrés et les palais néoclassiques qui se reflètent dans l’eau immobile, avec l’église Sant’Antonio Taumaturgo qui ferme la perspective au fond et la coupole bleue de l’église serbe-orthodoxe San Spiridione juste à côté.

Et maintenant assieds-toi, car c’est l’heure du café, et à Trieste le café est une affaire sérieuse.

C’est le principal port du café d’Italie depuis deux siècles : le café vert arrive ici, on le torréfie ici, et Illy y est née. La conséquence, c’est que les Triestins ont leur propre vocabulaire, et si tu commandes « un caffè » on te regardera avec patience. Retiens les trois mots utiles : « nero » c’est l’expresso, « capo » le macchiato en tasse, « capo in b » le macchiato dans le petit verre. C’est ce que tout le monde commande.

Les établissements historiques où s’asseoir sont le Caffè San Marco, le Tommaseo (le plus ancien, 1830) et le Caffè degli Specchi sur la piazza Unità. Et nous arrivons ici à la partie que je n’avais qu’effleurée dans la première version de cet article, et qui est en réalité la raison pour laquelle Trieste compte dans l’histoire de la culture européenne.

Dans ces cafés, entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, se sont rencontrés Italo Svevo, Umberto Saba (dont la librairie ancienne était ici, et y est toujours) et James Joyce, arrivé à Trieste en 1904 avec Nora Barnacle et qui y a vécu près de seize ans. Ici Joyce a enseigné l’anglais pour vivre (l’un de ses élèves était Svevo, enfin reconnu comme écrivain grâce à lui), ici il a écrit ou publié Gens de Dublin, le Portrait de l’artiste en jeune homme, Giacomo Joyce, et ici il a commencé Ulysse. Une partie de ce livre est née dans cette ville, pas à Dublin.

Il y a sa statue sur le Ponterosso, et la ville possède un musée Joyce. Si tu aimes la littérature, Trieste est une sorte de pèlerinage.

Ah, et à une demi-heure d’ici se trouve le château de Duino : Rainer Maria Rilke y fut invité en 1912 et y commença les Élégies de Duino. Le sentier de falaise qui mène au château s’appelle, évidemment, le sentier Rilke.

Le Canal Grande de Trieste avec ses bateaux amarrés et ses palais du XIXe siècle

6 – Tergeste : la Rome antique à Trieste

Savais-tu que Trieste était habitée avant les Romains ?

C’étaient les Carnes et les Histres, et le nom de la ville vient de là. Mais ce sont les Romains qui en ont fait une vraie ville, Tergeste, et les traces sont encore dans le tissu urbain.

La plus impressionnante est le théâtre romain, à deux pas de la piazza Unità : tu passes à côté et il est là, ouvert au milieu des immeubles. Il a été construit entre la fin du Ier et le début du IIe siècle apr. J.-C., et deux précisions s’imposent ici, car dans la première version de cet article j’avais simplifié : il n’a pas été « voulu par l’empereur Trajan », mais réalisé à l’époque de Trajan à l’initiative d’un notable local, Quintus Petronius Modestus, procurateur de l’empereur, dont le nom figure dans les inscriptions (d’autres lectures veulent qu’il n’ait supervisé qu’un agrandissement). Il pouvait accueillir entre 3 500 et 6 000 spectateurs, et il exploitait la pente naturelle de la colline pour les gradins comme pour l’acoustique. À l’époque la mer arrivait presque sous ses portes.

Le théâtre est resté enfoui sous les maisons pendant des siècles : il n’a été remis au jour que par les fouilles menées entre juillet 1937 et septembre 1938. Aujourd’hui on le voit de l’extérieur gratuitement, tous les jours.

En montant vers le château tu trouveras l’arco di Riccardo, haut de 7,2 mètres, encastré entre les maisons comme s’il y avait poussé. Il date du milieu du Ier siècle apr. J.-C. et c’est ce qui reste d’une porte des murailles romaines de la ville.

Quant au nom, la légende veut qu’il vienne de Richard Cœur de Lion, qui au retour de Terre sainte aurait été prisonnier à Trieste aussi. C’est une belle histoire et les Triestins la racontent volontiers, mais l’hypothèse la mieux documentée est plus prosaïque : « Riccardo » serait une déformation de « del Cardo », le cardo maximus, l’axe nord-sud des villes romaines, qui passait précisément ici.

L'arco di Riccardo à Trieste, encastré entre les maisons du centre historique

7 – Le phare de la Victoire

Sur la colline de Gretta, au-dessus de la ville, se dresse le Faro della Vittoria, le phare de la Victoire, et c’est deux choses à la fois : un phare en service qui éclaire le golfe, et un monument.

Construit entre 1923 et 1927 sur les plans de l’architecte Arduino Berlam, il mesure 68 mètres, ce qui le place parmi les plus hauts phares du monde. Il s’élève sur les fondations de l’ancien fort autrichien Kressich (1854-1857), à soixante mètres au-dessus du niveau de la mer : un choix qui est en soi un message, comme tout dans ce monument.

Ici je dois corriger une erreur de la première version de cet article, et ce n’est pas un détail : le phare est dédié aux marins morts en mer pendant la Première Guerre mondiale, pas la Seconde. Il a été construit dans les années 1920, c’est-à-dire juste après ce conflit et le rattachement de Trieste à l’Italie.

L’inscription du socle est de Gabriele D’Annunzio :

« Brille et souviens-toi de ceux qui sont tombés en mer »

Au sommet se trouve la Victoire ailée, et la structure possède un mécanisme qui lui permet d’absorber les rafales de bora en « battant » imperceptiblement des ailes. À ses pieds, les reliques : l’ancre du contre-torpilleur Audace, celui du 3 novembre 1918, et à l’entrée deux obus du cuirassé austro-hongrois Viribus Unitis, coulé à Pola en 1918. (Dans la première version j’attribuais l’ancre au cuirassé : elle est celle de l’Audace.)

8 – La Risiera di San Sabba

Ce chapitre n’existait pas, et je ne crois pas qu’un guide honnête de Trieste puisse s’en passer.

Dans un quartier périphérique de la ville se trouve une ancienne usine de décorticage du riz, construite à la fin du XIXe siècle. Pendant l’occupation nazie, entre 1943 et 1945, les Allemands l’ont transformée en camp de détention et d’élimination : la Risiera di San Sabba a été le seul camp de concentration doté d’un four crématoire sur le territoire italien.

Elle est monument national depuis le 15 avril 1965, par décret du président Giuseppe Saragat, et entre 1972 et 1975 l’architecte Romano Boico l’a transformée en musée municipal par une intervention essentielle, d’une grande force : il a vidé, il n’a pas reconstruit.

L’entrée est gratuite. Ce n’est pas une étape touristique et on n’y va pas pour « voir quelque chose » : on y va parce que c’est ici, et que cela fait partie de l’histoire de cette ville frontière autant que les palais habsbourgeois de la piazza Unità.

Quoi et où manger à Trieste

À Trieste on mange comme dans une autre partie de l’Europe, et c’est la moitié du plaisir.

La cuisine est à la fois centre-européenne et adriatique. Les choses à essayer :

  • le jambon en croûte de pain avec le kren (raifort), qu’on mange dans les buffet, l’institution triestine par excellence : des lieux où l’on reste debout au comptoir et où l’on commande du porc bouilli et de la charcuterie ;
  • la jota, une soupe de choucroute, haricots et pommes de terre ;
  • les patate in tecia, pommes de terre écrasées et rissolées à l’oignon, et les chifeletti ;
  • les ćevapčići et les autres arrivages balkaniques, ici parfaitement chez eux ;
  • pour le dessert, la putizza et la presnitz, roulés fourrés de fruits secs d’ascendance clairement autrichienne, et la Sacher des cafés historiques.

Et si tu es dans le coin en saison, cherche une osmiza : ce sont les maisons des paysans du Karst qui, quelques jours par an, ont le droit de vendre directement leur vin et leurs produits. On mange sur de grandes tables en bois, on paie très peu, et ce n’est pas une expérience pour touristes : c’est une loi de l’époque habsbourgeoise toujours en vigueur.

Dans la première version de cet article je recommandais quatre restaurants par leur nom. Je les ai retirés, et voici pourquoi : c’étaient des adresses de 2018, et entre-temps enseignes, gérances et cartes changent. Un conseil culinaire vieux de huit ans n’est pas un conseil, c’est un risque. Mieux vaut la règle générale : éloigne-toi de deux rues de la piazza Unità, entre là où il y a des Triestins, et demande ce qui est tipico.

Le front de mer de Trieste avec le golfe

Informations pratiques pour visiter Trieste

Comment y arriver. Trieste a un aéroport (Ronchi dei Legionari, à une demi-heure, relié en train) et la gare centrale est à dix minutes à pied de la piazza Unità. Depuis Venise il faut environ deux heures de train.

Comment se déplacer. Le centre se parcourt à pied. Pour Miramare il y a le bus 6, et en été aussi le bateau depuis le Molo Audace, qui est la plus belle façon d’y arriver. Pour la colline San Giusto il y a le bus 24, si tu préfères éviter la montée.

Combien de temps il faut. Deux jours sont la bonne mesure : le premier pour le centre, la colline San Giusto et les cafés, le second pour Miramare et, si tu as une voiture, Duino ou le Karst. Avec trois jours tu ajoutes la Risiera, la Grotta Gigante et un saut en Slovénie.

Ce que ça coûte. Peu. La piazza Unità, le Molo Audace, le théâtre romain vu de l’extérieur, l’arco di Riccardo, la cathédrale et la Risiera sont gratuits. On paie Miramare (château et parc séparément), le château San Giusto et les musées municipaux.

La bora. Il faut le savoir : à Trieste souffle un vent qui ne ressemble à rien. Les jours de bora forte on dépasse les cent kilomètres à l’heure, et à certains endroits du centre il y a encore des cordes pour se tenir. Si tu tombes sur une de ces journées, ce n’est pas une catastrophe, c’est une expérience, mais mets des chaussures qui accrochent.

Quand y aller. Le printemps et l’automne. J’y suis allée en février et je me souviens encore de la mer d’hiver dans cette lumière, mais il faisait froid. Si la voile t’intéresse, le deuxième dimanche d’octobre a lieu la Barcolana, l’une des régates les plus fréquentées du monde : la ville se remplit et le golfe se couvre de deux mille voiles.


Ce qui m’a le plus frappée à Trieste, au-delà des pierres, ce sont les Triestins : je n’ai jamais trouvé en Italie une ville où les gens se donnent autant de mal pour t’aider. Quand j’ai demandé mon chemin à une dame, elle m’a accompagnée jusqu’à l’église que je cherchais. Ils disent en être fiers, et l’explication qu’on te donnera est qu’une ville de port et de frontière a appris, au fil des siècles, à accueillir.

Si tu as un jour de plus, passe la frontière et va à Ljubljana : la capitale slovène est à une heure et demie et elle m’a étonnée. Et si les cafés littéraires t’ont donné envie de bohème, je t’attends à Montmartre.

Et toi, tu viendrais à Trieste pour la mer, pour Miramare ou pour le café ?